Dans ses travaux sur papier et dans ses peintures, Pierre Mabille décline un motif unique et récurrent qui peut faire penser au contour d’un fuseau, d’un œil, d’une lentille aplatie, comme à mille autres choses. Cette forme-étalon est le point de départ d’une inépuisable série de mots et d’images aux allures d’inventaire... Plus la liste des référents s’allonge, plus la forme s’envole vers des zones autonomes où rien ne la menace, et surtout pas le sens. Comme un anti-dictionnaire 1 , la liste engendre à son tour un ensemble de travaux proliférants : dessins, collages, films d’animation, et des pièces sonores polyphoniques qui ouvrent bientôt de nouveaux espaces.
La méthode de Pierre Mabille ressemble à une tentative de définition. Elle est à la fois un cadre, un processus de travail et une fenêtre, une échappée vers l’infini de la forme. Si la contrainte souple d’une unique forme et l’avancée régulière de la liste, avec son imaginaire taxinomique 2 représentent d’abord un excellent sujet de conversation 2 ,